Le Conseil de Presse Gai du Québec
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Montréal, le 4 septembre 1999

OBJET: Plainte de Monsieur Royal du Perron Contre le Journal La Presse et le chroniqueur Stéphane Laporte.

COMMUNIQUÉ

Lors de son assemblée régulière du 3 septembre 1999, le Conseil de Presse Gai du Québec a étudié une plainte contre le journal La Presse et son chroniqueur Stéphane Laporte suite à la publication d'un texte de ce dernier (S.O.S. à Jacques Villeneuve) dans l'édition du 13 juin 1999. D'après le plaignant, le texte contenait un certain nombre de propos préoccupants sur la communauté gaie et lesbienne dans son ensemble. Le Conseil a d'abord statué sur la recevabilité de la plainte et a procédé à l'étude du dossier complet.

Dans sa plainte, le demandeur exprime son insatisfaction quant à l'utilisation de certains mots par Monsieur Laporte sans toutefois spécifier lesquels. «Qui plus est, dans son papier, Stéphane Laporte accentue délibérément la peur de l'homosexualité. Or, on sait que dans nos sociétés, les assassins de personnes gaies invoquent maintenant la peur pour justifier leurs gestes. Je crois que ces propos doivent être dénoncés car ils invitent à accentuer l'homophobie dans notre société». Toujours d'après le plaignant, «Si Stéphane Laporte est un homme, un vrai, comme il le prétend, il se rétractera et il s'excusera à la première occasion dans la Presse du dimanche».

Le 27 juillet 1999, le Conseil de Presse Gai du Québec a informé le Journal La Presse et son chroniqueur Stéphane Laporte du contenu de la plainte contre eux et invitait les mis en cause à commenter cette plainte et à fournir une explication visant à mieux éclairer les membres du Conseil dans leur décision.

À la date de l'audition de la présente, le Conseil n'avait reçu aucune réplique ni collaboration de la part des mis en cause et nous réitérons ici le rôle du Conseil qui est de statuer sur des plaintes mais aussi de permettre aux personnes visées par ces plaintes de bien comprendre la situation. Le rôle pédagogique du Conseil est d'ailleurs prioritaire et tous les mis en cause devraient collaborer afin de permettre aux groupes culturels, sociaux, ethniques ou sexuels de recevoir un traitement professionnel de la part des responsables de l'information.

Le Conseil a immédiatement réagi aux deux plaintes du plaignant de même qu'à la lettre que ce dernier publiait dans la section "Courrier des lecteurs" du Magazine RG. D'abord, le Conseil remarque le ton utilisé dans la correspondance du plaignant tant à nos bureaux que dans le Magazine RG. À notre avis, nous croyons que le plaignant exagère grossièrement les propos du chroniqueur Laporte et leur donne un sens que nous ne retrouvons manifestement pas dans le texte. Le plaignant, dans ses correspondances avec le CPGQ et avec le Magazine RG, va beaucoup plus loin dans l'utilisation des insultes envers les personnes hétérosexuelles que le chroniqueur n'est allé dans son texte.

Le Conseil commentait ainsi la plainte de Monsieur du Perron:

- Le plaignant exagère manifestement la portée des propos de Monsieur Laporte.
- Le plaignant est plus insultant pour le mis en cause Laporte que le contraire.
- Le plaignant associe injustement les propos du chroniqueur concernant les gais, à une propagande des années '50, le tout, sans fondement.
- Le mot "moumounes", tel qu'utilisé par le chroniqueur Laporte, n'est plus associé à l'homosexualité depuis des années mais plutôt à un trait de caractère.
- Le Conseil note le sens de l'humour du chroniqueur.
- Enfin, le Conseil considère le texte publié par Monsieur Laporte comme NON-HAINEUX envers les membres de la communauté gaie.

Le Conseil, devant l'ensemble du dossier, a décidé à l'unanimité de ne pas blâmer le journal La Presse et son chroniqueur Stéphane Laporte et de rejeter la plainte de Monsieur du Perron.

Toutefois, le Conseil de Presse Gai du Québec considère que l'auteur Laporte aurait du porter une attention particulière à l'ordre chronologique de ses idées en écrivant «C'est rendu que tous les hétéros pensent à virer pour pouvoir y aller (au défilé de la Fierté gaie)» et «Mais cet après-midi, grâce à toi, on va redevenir des hommes».  Cette association d'idées pouvant prédisposer certains lecteurs à faire un lien douteux sur le sens de ces propos.

Comme le Conseil n'a pas reçu la collaboration des mis en cause, cette décision est sans appel.

Pour connaître le mandat du Conseil de Presse Gai du Québec et nos procédures en général, nous vous invitons à visiter notre site web au: http://www.lenational.qc.ca/cpgq.html

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Références: CPGQ
(514) 728-6436